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Disons-le tout de suite, cette petite église a peu d’intérêt sauf pour les amateurs d’instruments de musique et les artistes. De plus elle est déconsacrée et n’offre aucune œuvre digne d’une visite spéciale.
Cependant, elle est située tout près du campo San Stefano, sur un campo très pittoresque bordé de magnifiques palais. Et puis on pourra déambuler dans les étals d’un marché aux antiquités très coloré avec de belles occasions d’acheter des objets vénitiens.
Enfin c’est le musée des instruments de musique de Venise (Museo della Musica), qui contient un grand nombre d’instruments célèbres (en particulier pour la musique baroque) et superbement présentés.
Pour l’histoire, elle aurait déjà existé au 7ème siècle (autre source : 9ème siècle), grâce à la riche famille Candiani et ensuite celle des Sanudo. Comme beaucoup, sa première façade donnait sur le rio del Santissimo. Dédiée initialement à San Lazzaro, elle brûle en 1105 dans l’incendie majeur qui détruisit une partie de Venise (tout ou presque était en bois à l’époque), mais reconstruite et dédiée aussi à San Maurizio.
Un riche marchand d’huile et de farine, Dionino Bellavite, fit démolir son campanile en 1564, contre un tribut annuel à l’église, afin de construire son palais sur la campo. La façade était décorée de fresques du Véronèse qui ont disparu.
Le 10 avril 1632, Claudio Monteverdi est nommé sous-diacre de la paroisse de San Maurizio.
En 1795, elle est reconstruite sous l’égide et le financement du comte Pietro Zaguri (dont le palais donne sur le campo). Confiée à l’architecte Gianantonio Selva, et Antonio Diedo, l’extérieur est de style néoclassique. L’intérieur s’inspire de l’église San Geminiano que Napoléon avait démolie pour construire l’aile napoléonienne joignant les Procuratie à la Piazza. Et sa façade fut tournée vers le campo San Maurizio comme aujourd’hui. Achevée en 1806 elle est consacrée en 1838. Canova y eut un atelier pendant un temps.
En 1819, Gian Antonio Selva, qui fut aussi l'architecte du théâtre La Fenice, y fut enterré.
C’est une petite église proche de San Stefano, et son flanc droit longe maintenant le rio del Santissimo, ce rio qui passe sous le chœur de l’église San Stefano. Pour le voir, prendre calle del piovan qui mène au campo San Stefano. On passe devant la Scuola dei Albanesi, dont la façade offre de magnifiques hauts reliefs. Arrivé au ponte San Maurizio on voit ce canal passer sous l’église (voir la page web sur San Stefano).
Le campo San Maurizio abrite de beaux palais : le palais Bellavite à l’ouest, bâti après la démolition de l’ancien campanile, date de 1564. Le poète Giorgio Baffo y a vécu. Avec Goldoni et Ruzzante, il est un des écrivains majeurs de langue vénitienne. Sa spécialité, à côté de poèmes satiriques, était le sonnet érotique (il en a composé plus de 600). Une plaque avec une dédicace de Guillaume Apollinaire, de 1910, le commémore sur la façade.
A côté, on trouve les deux palais Molin du 15ème siècle. De style gothique, on notera un magnifique portail orné des armes de la famille. Il y a au moins 4 autres palais Molin à Venise (San Stin, San Fantin, Cannaregio, Dorsoduro). Francesco Molin, Capitaine de l’armée, Procurateur, devient le 99ème Doge, de 1646 à 1655, où il poursuit la guerre contre les Turcs. C’est lui qui fait cesser la Serrata et fait accepter de nouveaux membres du Grand Conseil contre 100 000 ducats (pour financer les armées).
De l’autre côté du campo à l’est se trouve le palais Zaguri . Ce palais gothique a été construit en 1353 pour la famille Pasqualini (marchands de soie) , puis est passé dans la famille Zaguri. L’un des derniers Zaguri (Pietro) fut l’ami et le protecteur de Giacomo Casanova. Il est enterré dans l’église.
De l’extérieur San Maurizio offre une façade très classique, avec un tympan triangulaire sur deux colonnes ioniques entourant un petit portail et deux petites fenêtres. Au deuxième niveau, une fenêtre semi-circulaire à la Palladio et deux hauts reliefs Renaissance illustrant la vie de San Maurizio. Le fronton tout en haut relate aussi l’histoire du saint martyre.
Déconsacrée, l’église a conservé ses murs et ses autels. L’importante exposition d’instruments de musique baroque, de l’époque de Vivaldi, laisse voir le maître-autel conçu par Gianantonio Selva, l’architecte de l’église. Il possède un tableau de l’école du Véronèse (martyre de San Maurizio) et une voûte circulaire richement décorée. A voir aussi le bel orgue et les autres autels avec des toiles de facture diverse, mais très bien présentées grâce à un éclairage judicieux.
La sacristie de l'église (non visitée) abrite un cycle décoratif du peintre vénitien Francesco Zugno (1709-1787), illustrant les épisodes de la vie de saint Maurice (vers 1761).
Le Musée de la Musique est une exposition consacrée à l'une des manifestations artistiques qui ont fait la grandeur de la culture italienne : la lutherie. La collection "Antonio Vivaldi et son temps" du Maestro Artemio Versari est un voyage dans l'âge d'or de la lutherie italienne. L'exposition (près de 200 instruments présentés dans de grandes armoires vitrées placée dans l’église) retrace le XVIIIe siècle musical vénitien à travers les pièces appartenant aux différents ateliers ou «écoles» qui ont fait la renommée des manufactures italiennes dans toute l'Europe (extrait de Venezia Unica).
Sur San Maurizio (Saint Maurice, mort en 286)
Il existe plusieurs histoires concernant Saint Maurice et ses compagnons. Elles ont en commun le fait qu’il commandait une légion romaine en Egypte. D’ailleurs on le représente soit en militaire à peau claire occidentale, soit parfois avec une peau foncée comme la plupart des Egyptiens d’alors. Sa légion est envoyée depuis Thèbes (Egypte) en Gaule pour réprimer des soulèvements en Gaule romaine, vers 280. Une fois le calme revenu, lui et ses hommes passèrent ensuite en Suisse, à Agaune. Deux versions justifiant son martyre existent. Ci-dessous la version de Jacques de Voragine dans la Légende Dorée (dates très approximatives).
En 277, Dioclétien et Maximien décident de réprimer les nombreuses révoltes dans l’Empire contre le pouvoir qui les opprime avec des impôts insupportables. En particulier, ils envoient une armée en Gaule, et y joignent une légion venue d’Egypte (la légion thébaine, 6600 hommes) commandée par Maurice. Cette légion, comme beaucoup de militaires) était entièrement convertie au christianisme. Arrivés en Suisse à Octodunum (ou Octodure, aujourd’hui Martigny) vers 284, ils combattent et réduisent les rebelles Bagaudes (paysans gaulois en révolte contre Rome, dans un mouvement immense de libération). L’empereur commande alors aux armées de faire des sacrifices aux idoles romaines devant le temple de Jupiter. La légion thébaine refuse et s’éloigne alors à Agaune pas très loin. Furieux, l’empereur envoie des troupes et ordonne d’éliminer un dixième des soldats chrétiens, qui tombent en martyres. Maurice lui répond que malgré leur religion, tous les siens servent l’empereur avec zèle, mais qu’ils n’iront pas faire des sacrifices aux dieux. Alors l’empereur fait décapiter un autre dixième de la légion. Comme Maurice lui dit que leur martyre sera accepté avec joie, l’armée romaine encercle les légionnaires restants et les extermine, seuls quelques-uns en réchappèrent.
En 963, des moines passaient à Agaune où une église était vouée aux martyrs, ils obtinrent de ramener les corps de Maurice dans leur église à Auxerre (déjà dédiée à Saint Maurice). A ce propos, on peut noter que le diocèse d’Angers possède dans sa cathédrale (Notre Dame, devenue Saint Maurice), une fiole contenant des gouttes de sang rapportées par Saint Martin qui se recueillait à Agaune. A Saint Maurice d’Agaune aujourd’hui, sur les fondations d’un temple dédié aux Nymphes romaines, existe depuis 380 une église voulue par Théodore évêque du Valais (qui sera reconstruite 6 fois plus tard). L’abbatiale et le monastère furent construits en 515 par le roi burgonde Sigismond).
Adresse : Campo San Maurizio, San Marco 2603
Horaires : (sous réserves) Lun-Dim 08:00-19:30 .
Rev1 03/01/2026
Le petit campo San Maurizio se trouve entre le grand campo San Stefano et l’église SM del Giglio.
Autour, de beaux palais gothiques, ici le palais Bellavite. Son propriétaire, Dionino Bellavite, fit démolir son campanile en 1564, contre un tribut annuel à l’église, afin de construire son palais sur la campo. La façade était décorée de fresques du Véronèse qui ont disparu.
Le poète Giorgio Baffo y a vécu. Avec Goldoni et Ruzzante, il est un des écrivains majeurs de langue vénitienne avec de très nombreux poèmes satiriques, et sonnets érotiques.
« Poète de l’amour qui a chanté avec la plus grande liberté et un grande finesse de langage » , a écrit Guillaume Apollinaire dans cette épitaphe. A côté on trouve les deux palais Molin du 15ème siècle.
De style gothique, on notera un magnifique portail orné des armes de la famille.
Le campo accueille un beau marché aux antiquités, très prisé ici.
De l’autre côté, le palais Zaguri,, construit en 1353 pour la famille Pasqualini (marchands de soie) , puis passé dans la famille Zaguri. L’un des derniers Zaguri (Pietro) fut l’ami et le protecteur de Giacomo Casanova. Il est enterré dans l’église.
Du campo on peut aller voir le rio del Santissimo qui passe sous l’église San Stefano. Prendre calle del Piovan (le prêtre) qui mène au campo San Stefano. On passe devant la Scuola dei Albanesi, dont le façade offre de magnifiques hauts reliefs.
Arrivé au ponte San Maurizio, on voit ce canal passer sous l’église (voir la page web sur San Stefano).
San Maurizio offre une façade très classique, avec un tympan triangulaire sur deux colonnes ioniques entourant un petit portail et deux petites fenêtres.
Le fronton tout en haut relate l’histoire du saint martyre.
Deux hauts reliefs Renaissance illustrant la vie de San Maurizio.
Ce sont des œuvres de Luigi Zandomeneghi et Bartolomeo Ferrari.
Déconsacrée, l’église a conservé ses murs et ses autels.
Le Musée de la Musique est une exposition consacrée à l'une des manifestations artistiques qui ont fait la grandeur de la culture italienne : la lutherie.
La collection "Antonio Vivaldi et son temps" du Maestro Artemio Versari est un voyage dans l'âge d'or de la lutherie italienne.
L'exposition (près de 200 instruments présentés dans de grandes armoires vitrées placée dans l’église) retrace le XVIIIe siècle musical vénitien à travers les pièces appartenant aux différents ateliers ou « écoles » qui ont fait la renommée des manufactures italiennes dans toute l'Europe (extrait de Venezia Unica).
L’importante exposition d’instruments de musique baroque, de l’époque de Vivaldi, laisse voir le maître-autel conçu par Gianantonio Selva, l’architecte de l’église.
Belle voûte circulaire richement décorée au-dessus de l’autel.
A voir aussi un tableau de l’école du Véronèse (martyre de San Maurizio).