Guide en images des églises de Venise

San Giovanni Evangelista (San Polo)

Histoire

L’église est située en face de la Scuola. Peu visible, son entrée latérale est discrète, sa forme cachée par les murs, les maisons accolées à ses flancs, et le campiello trompeur avec son portail majestueux en marbre blanc, et on voit à peine son campanile.

Il y a peu d’information sur Internet et en général, car la Scuola plus réputée et riche en œuvres occulte celles que l’on peut voir à l’intérieur de l'église. Ceci dit, cette petite église est intéressante, malgré son atmosphère sombre et quelques œuvres bien abîmées.

La légende attribue la création d'une première église ici dès 970 par la famille Badoer Partecipazio (deux sarcophages y sont placés), dédiée à Saint Jean l'Evangéliste (patron entre autres des écrivains, des théologiens). Son emblème est l’aigles, qu’on retrouve sur le portail d’entrée du campiello. La Scuola est créée plus tard en 1261. L'église est reconstruite en 1443 (en gothique), puis restaurée par Simone Sorella fin 16ème.

Mais c'est en 1759 que Bernardino Maccaruzzi transforme complètement l'église en son architecture actuelle, à nef carrée, au résultat bizarre avec ses chapelles dans tous les sens et son chœur encore gothique. Malgré tout, les Vénitiens aiment cette église.

Extérieur

On ne voit pas grand-chose de l’église : son flanc gauche en briques longe le campiello et n’a rien de spécial, des maisons cachent l’abside et le campanile est difficile à voir. Deux fenêtres rectangulaires éclairent (faiblement, car orientées nord) la nef.

Le portail en marbre de Pietro Lombardo (1478-1481), est un chef-d'œuvre de la sculpture vénitienne de la Renaissance, et son état est remarquable (sauf quelques destructions d’origine inconnue).

L’emblème (aigles) et les symboles attachés à Jean l’Evangéliste sont partout (croix, aigle et livres). Il ferme le campiello défini par la Scuoal , l’église, et le passage souterrina qui mène à la Piazzale.

Le campanile carré en briques fait 30 mètres de haut, avec des lésènes rectangulaires très marquées en guise de décoration sous les cloches, un tambour octogonal au-dessus des cloches et un bulbe à 8 pans couverts de plaques de plomb.


Intérieur

L’architecture est originale. On entre par une porte latérale qui donne sur un espace presque carré. Sur le côté opposé à la porte est occupé par la sacristie et la chapelle de la Vierge, tandis que sur la gauche on va trouver le grand choeur de l’église flanqué de deux chapelles de petite taille. Le chœur est très décoré (Tintoret, et Marieschi).

Au-dessus de la porte d'entrée, un catafalque de Giovanni Andrea Badoer, Capitan del Mar, (Danese Cattaneo, élève de Sansovino, 1566). Andrea Badoer est l'inventeur de la Galéasse (grosse galère militaire et commerciale à voiles carrées, version 16ème siècle des galères, rapides, chargées et armées, créées par l'Arsenal dès la fin du 13ème). La galéasse, fortement armée, mais assez facile à manœuvrer, eut son heure de gloire à Lépante en 1571.

Les lésènes

(Bon sauf pour les QI 140 et autres fondus d'archi, c'est quoi une lésène, n'ayons pas honte de demander : une lésène est une décoration architecturale sur un mur ou autre paroi, consistant à créer un léger relief entre la paroi et justement la lésène en creux ou en relief. La lésène peut se poursuivre par des arcs sous un toit (comme à Torcello) ou se refermer dans la paroi avec des coins arrondis ou rectangulaires).

Dans l'art roman (le plus souvent), on appelle cela une bande lombarde. A Venise énormément de façades et de campaniles utilisent les lésènes : Torcello, Maria et Donato à Murano, San Giacomo dall'Orio, San Polo, la liste est très longue) Ceci produit, avec de la lumière, un relief ombré qui, sans beaucoup de frais, produit un bel effet décoratif.

Sur Saint Jean l’Evangéliste

Pas grand'chose à ajouter sur Saint Jean l'Evangéliste, que tout le monde connaît (ou presque), patron des écrivains, éditeurs et théologiens, dont le symbole est l'aigle, frère d'un autre apôtre Jacques le Majeur avec qui il pêche sur le lac de Tibériade.

Disciple de Jean le Baptiste (qui le premier désignera Jésus comme l'Agneau de Dieu), il le quitte pour suivre Jésus avec son frère. Toujours aux côtés du Christ en toutes circonstances, il retranscrit dans son évangile ses paroles et ses actes (plus tard), assiste à la crucifixion.

Après la résurrection, il part fonder l'église de Palestine et prêcher en Samarie avec Pierre, quitte la Palestine pour Ephèse. Amené à Rome sous Domitien, il subit le supplice de l'eau bouillante (ou huile pour certains, en fait ça fait aussi mal), sans effet sur lui, d'où un exil à Patmos où il écrit l'Apocalypse inspiré par le Christ, et convertit toute l'île.

Il revient à Ephèse en 68 où il compose ses trois épîtres et son Evangile en 97. On dit qu'il est mort en 101 à 98 ans.


Adresse : Campiello San Giovanni (ou de la Scuola), 2454, Venise (calle del Magazen, derrière Campo San Stin, et tout près des Frari)

Horaires : Lun-Ven 09:00-12:00

Rev3 12/04/2019

L’église est dans ce campiello près des Frari (calle del Magazen), à droite la Scuola, plus récente, et à gauche la discrète église et son mur anonyme en briques.

L’église est dans ce campiello près des Frari (calle del Magazen), à droite la Scuola, plus récente, et à gauche la discrète église et son mur anonyme en briques.

Le portail de 1485 de Pietro Lombardo, et l'église sur la gauche (on ne voit que le campanile et une partie du flanc gauche), sur le portail l'aigle. Le pourtour du portail et l’entablement sont finement sculptés de motifs floraux.

Sur le portail, l'aigle, le symbole attaché à Jean l’Evangéliste.


Quelques bas-reliefs ont été endommagés. Mais l’ensemble est un chef d’œuvre de la Renaissance italienne.



Sur le mur de la Scuola à droite, la procession des membres en adoration.


On entre par le flanc gauche dans un espace carré flanqué de chapelles.

Le mur d’entrée est haut, sans grâce, avec deux fenêtres pour donner un peu de lumière (mais orientées Nord).

La nef est carrée, le chœur est immense par rapport aux deux chapelles latérales. Original.

Au-dessus de la porte d'entrée, un catafalque de Giovanni Andrea Badoer, Capitan del Mar, (Danese Cattaneo, élève de Sansovino, 1566).

(visite par la gauche)

Andrea Badoer est l'inventeur de la Galéasse (grosse galère militaire et commerciale à voiles carrées). La galéasse, fortement armée, mais assez facile à manœuvrer, eut son heure de gloire à Lépante en 1571.

A droite de la porte d'entrée, Saint Jacques l'Apôtre (frère de Saint Jean), Antonio Vassilacchi (dit L'Aliense), fin 16ème siècle ?

Chapelle latérale gauche, dite Barbarigo, peu profonde (maison construite après sur le flanc de la nef).

Chapelle latérale gauche, dite Barbarigo, peu profonde (maison construite après sur le flanc de la nef).

Malgré les restaurations et modifications, l'intérieur est harmonieux.

Aux angles de la nef centrale, des anges très baroques.



La Cène, Jacopo Marieschi (1711-1794).

La nef centrale et ses arches gothiques,

Le chœur arrondi, richement décoré.

A gauche en haut, Pietro Muttoni (della Vecchia), l'archange Gabriel.

A gauche en bas, Pietro Muttoni (della Vecchia), le Prophète Daniel.

Tableau de Saint Jean écrivant son évangile (Pietro Liberi 1614-1687).

Petit autel très baroque, au tablier en marbres polychromes. A droite en haut, la Vierge de l'Annonciation, faisant le pendant de Gabriel à gauche (très sombre, non montré)

A droite en bas, Saint Jean Baptiste (dont Jean l'Evangéliste était le disciple au début) (Pietro Muttoni).

Flanc droit de la nef, La Crucifixion, (Domenico Tintoretto fin 16ème).

Photo absente (sera mise plu tard) : Au-dessus de la chapelle de droite, Saint Jean l'évangéliste, par Domenico Robusti dit le Tintoret (ou Marieschi ?)

Chapelle absidiale à droite du chœur, Couronnement de la Vierge avec les Anges musiciens (Andrea Michieli dit le Vincentino, 16ème)

Les figures ne sont pas terribles mais le tableau très harmonieux

On voit ici l’aile droite de l’église, avec deux chapelles.

Chapelle de Saint Jacques (appelée aussi de Saint Charles Borromée, de la Sainte Croix car elle a contenu un morceau de la Vraie Croix, ou encore de Saint Donato).

Aux jolies boiseries sculptées de têtes et de motifs (comme vers l'entrée).


La relique de la Croix est aujourd'hui dans la Scuola.


Dans l'autre petite sacristie à gauche, Au fond, les trois moments de la Passion

Transport de la Croix, Crucifixion, Déposition (attribué à Lamberto Sustris dans les années 1572- 1584).

A droite, un grand tableau du martyre de Saint Jean (dans l'huile bouillante, d'autres disent l'eau, peu importe cela ne marcha pas du tout), Gaetano Gherardo Zampini

En sortant de la chapelle Saint Jacques, au dessus de la porte, monument funèbre de 1571 faisant le pendant de celui de l'entrée, pour Angelo Badoer, le frère de Giovanni Andrea (Danese Cattaneo).


La chapelle de Lourdes, ancienne chapelle des Morts, avec son plafond à caissons et les ex-votos sur les dalles de marbre.

(ce n'est pas la première qu'on voit à Venise).

Le plafond et les murs sont magnifiquement décorés et cela tranche avec la vétusté d’autres chapelles.


La fausse contre-façade avec un orgue de Giovanni Battista Piaggia (1760). On distingue à peine, sur le mur de droite, une toile d'un élève du Padovavino (Vierge du Carmel remettant le Scapulaire à Simon Stock) (pas de photo, mise à jour ici plus tard).

A gauche de l'orgue, Martyre de Sainte Barbara (Pietro Ricchi, pêintre de Lucques, 1606-1675)

A droite de l'orgue, Martyre de Saint Sébastien, Francesco Montemezzo (1540-1602).