Balades au calme dans Venise

Dorsoduro Nord

Sur un ou 2 jours, ce circuit se conjugue aussi avec les autres : Dorsoduro Centre Rezzonico, Dorsoduro Est Accademia, Dorsoduro Giudecca, et San Giorgio Maggiore.

Bien que quelques endroits seront aussi visités dans un autre itinéraire Dorsoduro, celui-ci se passe dans la partie nord du sestiere, à la limite de Santa Croce, et côté ouest, beaucoup moins visité mais très intéressante. Calme absolument garanti sauf en de rares passages. Il part de San Toma (mais vous pouvez partir de n'importe où), et se tourne vers l'ouest, avec San Pantalon, le campo Santa Margherita (un peu de monde), puis c'est le grand calme avec les Carmini, San Sebastiano et on arrive dans les très vieux quartiers de Venise avec de magnifiques églises, un calme absolu, des canaux et des palais moins grandioses mais tout aussi attachants. Vraiment, le quartier vaut le détour, on va chez les célèbres Nicolotti qui se battaient avec leurs adversaires de l'autre bout de Venise sur les ponts sans balustrades, dans une atmosphère tranquille aujourd'hui mais qui bouillonnait d'activités quelques siècles auparavant vers San Nicolo dei Mendicoli. Ensuite on remonte au nord (ici personne, presque garanti), jusqu'au Tre Ponti où l'on reprend vers l'est avec la Fondamenta Gaffaro etle retour vers le point de départ. Beaucoup de choses à visiter, beaucoup de quais reposants, de petits endroits à découvrir.

Notes :

  • Les numéros 01, 02, ... se rapportent aux lieux numérotés sur la carte.
  • Les lettres (a), (b), ... se rapportent aux endroits sur la carte où on peut manger ou boire rapidement (en général très bon et adapté à une journée de découverte).
  • Les références REF : des références vers les guides pour en savoir plus (pas toujours), et éventuellement un lien vers une page du site (référence commençant par JCS-xxxxxx , la page étant aussi accessible dans la liste à gauche des églises et des palais).

Guides en photos des églises disponibles (voir menu à gauche) pour :

San Pantalon (08), Scuola Grande dei Carmini (10a), Chiesa dei Carmini (10b), Palazzo Zenobio (12), San Nicolo dei Mendicoli (20).


rev3 22/04/2018

01 VP1 à San Toma. Au bout de la Calle del Traghetto Vecchio, faites une petite marche vers la gauche dans calle del Campaniel, jusqu’au pont (Ponte Balbi).

Le palais Balbi est sur la gauche, sur la droite la fondamenta Forner et ses jolis ponts en perspective, et en se retournant, on voit le campanile roman (ouvert en briques) à 3 cloches de l’église San Toma. Revenir sur vos pas dans Calle del Campaniel.

Juste avant l’église et le campo San Toma, entrer à droite dans le

01a Campiello del Piovan (du Curé). Ce campiello minuscule est à l’image romantique de Venise, avec ses arbustes qui luttent, le puits, les façades à restaurer. Au-dessus de la porte latérale de l'église, le sarcophage de Giovanni Priuli (sénateur et Capitan del Mar, mort en 1376) avec son chien aux pieds. Retrouver le

02 Campo San Toma. C’est un rectangle de paix (pas toujours en haute saison il est vrai).

L'église du 18ème (je l'ai toujours vue fermée) abrite des œuvres de Guarana, Zanchi et Campagna, et montre sur sa façade ses statues de Saint Marc et de Saint Théodore.

Faites une incursion, en longeant la façade de San Toma, et sur la droite, dans le

03 Campiello San Toma. Ici, il y a du passage (vers San Polo et le Rialto), mais aussi un bon café à l’ombre quand il fait chaud. Regarder au passage un magasin juste en face (au 2818 je crois) qui vend des reproductions de cartes et de vues anciennes de Venise.

Contre le mur de l'église, une Madone de la Miséricorde, protectrice, (pas la seule à Venise mais celle-ci est très belle) avec en dessous (souvent) un gondolier assoupi attendant le client. Revenir au Campo San Toma. Examiner en passant le beau puits octogonal sur un socle de 2 marches.

A l'autre bout du Campo San Toma, remarquer au-dessus de la porte de

4a la Scuola dei Calegheri (des Cordonniers) (fin 15ème) un bas-relief de Pietro Lombardo avec Saint Marc guérissant le cordonnier (Saint) Aniano (on les retrouve tous les deux dans un tableau du Tintoret dans la chapelle absidiale gauche de l'église San Pietro Martire à Murano, et aussi une toile de Giovanni Mansueti à l'Accademia .

Anianus (Saint Anien en français) est l'évêque ayant succédé à Marc (désigné par lui) à Alexandrie après 62. Il était cordonnier et donc le patron des "Calegheri" (cordonniers).

A l’intérieur une belle bibliothèque et surtout des murs décorés de fresques fraîchement restaurées. Si c’est ouvert, à voir absolument.

Passer à droite de la Scuola, au bout, à gauche, puis à droite dans la Calle "Larga" (très étroite, avec ses maisons à barbacanes) qui mène à l'arrière des Frari, et à la

05 Salizzada San Rocco, d'où l'on voit devant soi l'église, et sur la gauche, la fameuse Scuola di San Rocco (fief du Tintoret).

L'itinéraire étant jalonné de nombreuses églises, nous verrons l'église et la Scuola dans un autre parcours dans les sestiere San Polo et Santa Croce (nous sommes à la frontière de Dorsoduro et de San Polo).

Avancer jusqu'aux dalles blanches juste avant le Campo et tourner à gauche dans

06 Sottoportego San Rocco. On arrive au Campiello San Rocco, puis le Ponte San Rocco (bon, on constate qu’on est bien dans le quartier de San Rocco …), et au bout, tourner à droite, puis 10m après à gauche dans la Calle San Pantalon. Ne pas aller pour l'instant sur le campo et l’église à droite, mais prendre à gauche sur quelques mètres, pour entrer dans le

07 Campiello del Angaran. Sur le mur, 4 coquilles Saint Jacques du 17ème, et un haut-relief du 13ème siècle typiquement byzantin (et probablement rapporté de là-bas). Il représente un empereur byzantin (Isacco II Angelo ou son frère Alessio ?), avec ses attributs : la toge impériale, la croix sur le globe, et le sceptre. Magnifique souvenir des temps anciens, malgré l’usure du temps.

08 San Pantalon. Lun-Sam 10:00 13:00-15:00 site web http://www.sanpantalon.it/

Probablement créée en 1009 sous le dogat d'Ottone Orseolo, rénovée en 1222, et reconstruite en 1668 avec une façade jamais terminée (comme beaucoup d'autres), cette église est vouée à San Pantalon (Pantaléon). Il était médecin sous Dioclétien, soignant gratuitement (il aurait soigné l'empereur Galère Maximus). A Nicomédie en Bithynie, il est martyrisé en 305. C'est le patron des médecins bien sûr, mais aussi des nourrices (car du lait aurait jailli de son cou lors de sa décollation).

Son plafond plat de 900 m2 est couvert par une réunion de 40 toiles en trompe-l'œil extraordinaires de Gianantonio Fiumani qui y a passé 24 ans de sa vie (1680-1704).

A voir aussi, dans la chapelle du Saint Clou le Couronnement de la Vierge, un triptyque de Paolo Veneziano, un beau Véronèse (sa dernière œuvre), et l'oratoire de la Madone de Lorette (sa maison reproduite ici) avec des restes de fresques de Pietro Longhi (début 18ème). REF JCS-Dorsoduro-SanPantalon, EDV 330, GB 158. Sortir droit vers le pont qui mène au

09a Campo Santa Margherita.

C’est un grand campo biscornu car il est le résultat de comblements successifs de divers canaux. C’est l’un des plus grands de Venise, depuis San Pantalon jusqu’à la Scuola dei Carmini. On y trouve quelques arbres, des palais anciens (gothiques et byzantins) du 14ème et 15ème, dont le Foscolo Corner (gothique du 14ème) avec sa maisonnette en haut.

Le campo est connu pour son marché quotidien (maraîchers et poissonniers entourés de goélands piailleurs), ses cafés branchés (beaucoup d’étudiants car des facs et des lycées sont proches), ses bancs presqu’à l’ombre, et les glaciers Causin et del Doge, mais aussi ses nombreux petits magasins (il y a des bottes pour le jour d'acqua alta, et un boulanger renommé). Halte obligatoire même s’il y a du monde en général ici.

(a) Gelateria Il Doge, Campo Santa Margherita 3058/a

De l'ancienne église Santa Margherita (853, déconsacrée en 1810), il reste (vers San Pantalon) une partie du campanile et du mur gauche avec des patères intéressantes, et dans un niche au centre de la façade nord, la statue de Saint Théodore et son dragon immonde.

09b Au milieu du campo se dresse encore l'ancienne Scuola dei Varotari (Fourreurs) de 1725, ce qui rappelle que des canaux existaient ici avant d'être comblés et que le campo prenne sa forme définitive au 19ème siècle. REF CM 110, EDV 330, GV127, GB 158. A voir (et y pénétrer si on est curieux …) les deux palais très anciens (et bien dégradés …) sur la droite.

Prendre son temps (par exemple chercher la plaque qui indique la taille réglementaire des poissons vendus au marché) sur le campo avant de le quitter par la droite et arriver devant la

10a Scuola Grande dei Carmini. Site web www.scuolagrandecarmini.it/. Tlj 11:00-17:00. Situé à côté du complexe église-couvent du Carmel, le bâtiment de la Scuola acquise en 1667 est rénovée par Longhena. La Scuola est un vrai joyau, avec son rez-de-chaussée en grisailles magnifiques, son premier étage splendide avec des boiseries uniques, et un grand nombre de tableaux de scènes de l’Ancien Testament, sans compter les plafonds à caissons. Voir le guide en images JCS-Dorsoduro-ScuoladeiCarmini.

Sans compter qu’en 1740, Tiepolo (Giambattista) décore le plafond de l'étage (Notre Dame du Mont Carmel apparaît à Saint Simon Stock) et les murs (Vertus et scènes de la vie de la Vierge). A voir aussi la Judith et Holopherne de GB Piazzetta (1744). REF EDV 329, GV 127, GB 158.

Sortir à droite et on arrive au campo dei Carmini avec

10b L’église des Carmini.

Note : l’église fait aussi partie de l’itinéraire San Polo Canta Croce (1).

Si vous y êtes déjà passé, laissez-la et continuez.

Sinon et si vous prévoyez 2 jours, entrez et visitez l’église.

Et passer derrière ensuite pour voir le joli porche en face de la Scuola, puis juste après le jardin potager sur la droite qui court au pied de l’imposant campanile.

Le campo dei Carmini marque le début de la

11 Fondamenta del Soccorso. On aime ce long canal, en général calme avec ses palais, ses ponts et ses vieilles maisons parfois agrémentées de jardins.

De l'autre côté du canal, c'est le Fondamenta Briati, du nom du célèbre verrier qui se spécialise à Murano dans le verre de Bohême en 1730 (mais attaqué par ses confrères, il déménage son atelier ici, source EDV 328).

Par la fondamenta longer le rio dei Carmini jusqu'à l'entrée du

12 Palazzo Zenobio (Collegio Armenio). C'est un collège arménien, ouvert de temps en temps (sur réservation, mais aussi et surtout par temps de Biennale où il se remplit de choses appelées œuvres d'art). S’il est accessible, ne pas hésiter à pénétrer sous les colonnes de marbre de ce palais baroque de la fin du 17ème construit par Antonio Gaspari pour une riche famille patricienne d'origine grecque (les Zenobio).

Il est racheté en 1850 par la communauté arménienne méchitariste. Visiter le grand jardin avec au fond l'ancienne bibliothèque de 1777, puis revenir et monter à l'étage, avec la salle de bal splendide du 18ème (sculptures et fresques en trompe-l'œil de Louis Dorigny) où les musiciens se trouvaient sur une tribune en étage.

Venise c’est ça : des façades de favela, des portes pourries, et dedans, des merveilles insoupçonnables. (J’ai eu le même choc en entrant dans l’église San Cassiano dans San Polo).

Voir aussi les salles et couloirs ornés de fresques de Lucas Carlevarijs et Gregorio Lazzarini. REF EDV 328 CM 111, JCS-Dorsoduro-PalazzoZenobio. VIS 249 signale aussi l'oratoire, au 2ème étage, sur demande (pas visité). En sortant, repérer la maison avec jardin juste en face de l'autre côté du rio, pour y aller continuer le Fondamenta.

Juste devant le prochain pont (le ponte Soccorso), sur la gauche et de couleur crème, se trouvent

13 L'ancien hospice et l'oratoire du Secours (Soccorso), créés par Veronica Franco, la célèbre courtisane (qui eut Henri III dans son lit, et était la maîtresse du Tintoret), pour accueillir les anciennes prostituées à partir de 1593 (source CM 111). Traverser le pont et aller à la maison (sur la gauche on pourra manger chez

(b) Da Codroma, Ponte del Soccorso 2540 (tlf sauf Dim et Lun) cichetti, poissons

14 Dans le jardin de cette belle maison, (qui rappelle les maisons construites à l'époque par Patriciens sur la Terre Ferme) se trouve à droite une colonne qui provient du temple de Poséidon au Cap Sounion en Grèce (440 AVJC) rapportée comme butin par un amiral autrichien en 1826, elle surmontée d'un lion REF VIS 351.

Revenir en face sur le Fondamenta del Soccorso, continuer vers l'ouest, et au bout tourner à gauche pour longer le rio San Sebastiano, très emprunté car il est la voie entre la Giudecca au sud et la Piazzale Roma au nord. Continuer la Fondamenta San Sebastian jusqu'au pont menant à l'église

« Note : Les deux églises suivantes (San Sebastiano et Sant’Angelo Raffaele), ne font pas partie officiellement de l’itinéraire, mais je les ai tout de même gardées dans cette description. Leurs visites font partie de l’itinéraire Dorsoduro Centre, car j’ai inclus la Scuola et l’église des Carmini ici et au total cela aurait fait trop de visites.

Donc :

  • Si vous en avez envie, allez-y (surtout si vous décidez de faire cet itinéraire sur 2 jours, ou si vous ne faites pas l’itinéraire Dorsoduro Centre.
  • Sinon, vous passez devant sans y entrer et vous continuez directement vers San Nicolo dei Mendicoli. (les visites de San Sebastiano et Sant’Angelo Raffaele sont désormais incluses dans l’itinéraire Dorsoduro Centre) »

15 San Sebastiano. (église Chorus, Lun-Sam 10:00-17:00), c'est l'église des débuts du Véronèse ! Voir le guide en images JCS-Dorsoduro-SanSebastiano

Fondée sur une église elle-même remplaçant un oratoire dédiée à Marie et à Saint Sébastien (qui avait sauvé le quartier de la peste en 1464), l'église actuelle est bâtie à partir de 1506 par Antonio Abbondi (Lo Scarpagnino).

L'abbé Torlioni natif de Vérone, fit ajouter les 6 chapelles pour les vendre cher aux Patriciens (comme à Zanipolo, il faut bien trouver des finances), et demanda à son ami le Véronèse d'en décorer l'intérieur.


On y voit au plafond trois épisodes de la vie d'Esther et Assuerus. Aux murs les tableaux du Véronèse : Saint Marc et Saint Marcellin au supplice, le martyre de Saint Sébastien, 1565, l'orgue et ses panneaux peints, toujours par Véronèse, avec la Piscine probatique si fermé et la présentation au temple si ouvert, les fresques en trompe-l'œil des sibylles, etc), et dans le chœur un magnifique Madone en gloire avec les Saints Sébastien, Catherine, Pierre et François. Pourquoi eux ? Simplement parce que cette commande de la famille Corner se devait de montrer des Saints dont les prénoms étaient ceux des illustres Corner (Catherine de Chypre). On y trouve aussi le buste et la pierre sépulcrale du peintre (Matteo Cornero, 1588), ainsi qu'un Titien perdu ici mais très beau à l’entrée (Nicola de Bari, 1563).

Ne pas manquer la sacristie, elle aussi décorée par le Véronèse (plafond) et l'école de Pitati, Antonio Palma, De Voos aux murs. REF GB 160, EDV 326, GV 128. En sortant tourner à gauche pour le

16 Campo San Raffaele, et s'il est midi ou à peu près, faire un stop au

(c) Pane, Vino et San Daniele, super-restaurant pas cher, connu des vrais Vénitiens, sur le campo au calme et sous les parasols.

Sinon on peut se reposer un peu avant de poursuivre en traversant le campo et en longeant par la gauche l'arrière de l'église

17 Angelo Raffaele. Voir le guide en images JCS-Dorsoduro-AnzoloRafaele.

Il aurait existé ici une église au 7ème siècle, mais après moult reconstructions, l'église actuelle date de 1639, avec des travaux supplémentaires en 1740. Au centre de la façade (côté rio), une niche abritant Saint Raphaël tenant par sa main Tobie et son chien. En forme de croix grecque, cette haute nef contient un orgue remarquable des frères Callido (1821) orné sur sa tribune de tableaux de Gian Antonio Guardi (frère de Francesco) avec des scènes de la vie de Tobie (1749).

Voir aussi une Cène de Bonifazio de Pitati, un retable de Saint Antoine du même artiste, dans l'autel deux statues de GM Morlaiter, le châtiment des serpents d'Antonio Vassilacchi (1588), dans la chapelle de l'Assomption un Palma le Jeune (Saint François reçoit les stigmates). REF EDV 327, GV 128.

Sortir vers le rio à droite, et passer le ponte del Cristo pour voir juste en face un Christ polychrome du 15ème siècle derrière une votre dans un ex-voto. A côté, un magnifique bas-relief de la Déposition. Et , si c'est ouvert, une porte (au 2364) qui donne sur un jardin : c'est le

Voir aussi une Cène de Bonifazio de Pitati, un retable de Saint Antoine du même artiste, dans l'autel deux statues de GM Morlaiter, le châtiment des serpents d'Antonio Vassilacchi (1588), dans la chapelle de l'Assomption un Palma le Jeune (Saint François reçoit les stigmates). REF EDV 327, GV 128.

Sortir vers le rio à droite, et passer le ponte del Cristo pour voir juste en face un Christ polychrome du 15ème siècle derrière une votre dans un ex-voto. A côté, un magnifique bas-relief de la Déposition. Et , si c'est ouvert, une porte (au 2364) qui donne sur un jardin : c'est le

19 Corte Mazor (Maggiore) (snacks et autres bars, moyens) et ensuite la courbe élégante du rio delle Terese qui devient le rio dell'Arzere ("de la digue", car une digue existait autrefois ici pour contrer l'érosion des eaux). Prendre à gauche le pont du même nom à gauche (voir sa clé de voûte aussi avec trois blasons), et en allant tout droit on se trouve sur le Fondamenta delle Terese qui mène à

20 San Nicolo dei Mendicoli. Accès libre, tlj 10:00-12:00 et 14:00-17:30 (autre source 17:00) sauf Dim am, mettre des pièces pour la voir éclairée sinon décevant. Voir le guide en images JCS-Dorsoduro-SanNicolo. Aux débuts de Venise l’endroit est un des plus infects (à ras du niveau de la mer, marécageux, loin de tout, et peuplé de pauvres pêcheurs qui survivent tant bien que mal. Avec le temps et le commerce avec la Terre Ferme, (la Brenta est toute proche vers Padoue), le quartier devient le lieu d'arrivée des produits venant du Continent, il devient animé, et se peuple, tout en restant pauvre par rapport aux autres îles de Venise. C'est ici que se créent les "Nicolotti", habitants rudes et belliqueux, mais braves et honnêtes. Ils portent la ceinture et le béret noir, et vont se battre contre les Castellani (de l'Est du Castello à l'autre bout de Venise, ceinture et béret rouge) sur différents ponts (San Barnaba, Santa Fosca, et d'autres). Fiers de leur identité, les résidents élisaient leur Gastaldo (chef de quartier) dans l'église à huis clos, portaient leur propre étendard et possédaient leur Lion ailé de Saint Marc (visible sur le campo à droite de l'église). Il y a des blessés et des morts parfois, le Sénat finit par interdire alors ces batailles (rien n’y fait), mais les combats se transforment petit à petit en concours plus civilisés, dont les fameux « Travaux d’Hercule » : ce sont des pyramides de gens portés par des poutres et sur les épaules les uns des autres, jusqu’à former la plus haute pyramide possible sans que tout s’écroule en faisant des bleus et des bosses (parfois même à partir de bateaux sur le Canal !). Il y avait foule pour voir ces exploits sportifs. Autre originalité de cette animosité entre Nicolotti et Castellani : l’église San Trovaso à Dorsoduro (dans l’itinéraire Dorsoduro Centre), possède deux façades presque identiques, l’une pour les Nicolotti au Sud, et l’autre pour les Castellani a l’ouest (pour éviter les affrontements).

San Nicolo dei Mendicoli est fondée, selon la légende, par des Padouans au 7ème siècle, mais l'église actuelle a subi tellement de rénovations successives qu'il reste des vestiges de toutes les époques (fenêtre jumelée du 13ème siècle, porche du 15ème, campanile carré véneto-byzantin du 12ème).

A l'intérieur, ce qui frappe est l'iconostase séparant le chœur de la nef centrale, avec un crucifix entouré de la Vierge, Saint Jean et des anges (fin 16ème), et les 12 apôtres en bois peint alignés sur la corniche sur les côtés.

Les tableaux sur les parois de la nef illustrent la vie du Christ, à gauche réalisés par Alvise da Friso, (fin 15ème), à droite par l'école de Véronese, avec un Palma le Jeune (Résurrection). Le plafond est de Montemezzano (16ème) célèbre Saint Nicolas, le protecteur des marins. Le chœur de style vénéto-byzantin est orné de fresques avec au fond une niche abritant un saint Nicolas en bois doré de l'atelier de Bartolomeo Bon (mi 15ème). REF EDV 327, GB 160, GV 128,. Voir le campo et derrière un muret bien sympathique. Retourner par le même chemin jusqu'au Ponte dell'Arzere et aller à gauche jusqu'au suivant, en bois, le

21 Ponte Santa Marta, le traverser pour voir, juste 20m après sur le mur en briques à droite au 2133 sur le rio tera dei Secchi, deux magnifiques corbeilles de fruits en terre cuite.

Revenir sur l'autre rive, partir à gauche au fond du fondamenta de l'Arzere et prendre à droite la ruelle bien cachée

22 Calle de la Madona,

puis (gauche-droite après le pont de bois) Fondamenta delle Procuratie (ne pas prendre le pont SM Maggiore en pierre au coin des rii, si on veut de l'ombre). On y trouve en face l'ex église Sainte Marie Majeure, la prison de Venise, puis l'imposante Ca' Rizzi (religieuses). Sur la droite la calle del Volto avec ses linges accrochés très haut par les fils entre les maisons.

Ici c'est plus calme encore qu'au nord-ouest de Cannaregio. Aller au bout et prendre le pont à gauche à angle droit qui traverse le rio SM Maggiore et fait remonter le

23 Fondamenta Cazziola sur le rio Nuova. Continuer tout droit vers le nord (Fond. Pagan, puis Tre Ponti), passer les ponts, à droite le grand bâtiment rouge (dont j'ai oublié le nom) avec un lion ailé immense, et on arrive au

24 Rio Tera dei Pensieri. Très large rue agrémentée de verdure et de fleurs qu'on voit rarement à Venise, avec des bars sympas où la vie s'écoule doucement (ce qui n'est pas le cas ni du rio ni de la Fondamenta, à deux pas de Piazzale Roma et toujours tous les deux assez chargés).

On arrive doucement au

25 Tre Ponti, qui porte bien son nom. De là, on voit à droite les jardins Papadopoli, et au fond le parking et l'aire des bus pour Mestre avec un bout de la grande arche du nouveau pont


entre Santa Luca et la Piazzale. Quitter par la droite, on traverse le pont de bois puis tout droit et prendre Fondamenta Magazen qui arrive au ponte et

26 Fondamenta Gaffaro (une de mes préférées), qui longe le rio Gaffaro avec en face la Fondamenta Minotto faisant partie du sestiere de San Polo, bordés de petits palais vénitiens (Odoni, Minotto, Marcello), de tous les styles (classique, gothique, baroque).

(d) Bar Restaurant La Bauta, très sympathique

Sur la droite avant le bout du rio

27 La maison Torres. Attention il y a un gros piège ! On a tellement l’habitude de voir et admirer des maisons multicentenaires que celle-ci pourrait facilement en faire partie, mais c’est une belle illusion. En fait, elle a été construite au 20ème siècle mais dans le style moyenâgeux du 14ème avec briques, colonnes et cheminées.

On voit bien le très beau ponte Marcello et en face le palais Marcello du 15ème (ouvert à la Biennale, hôtel), tandis que derrière le ponte Marcello on admirera la

28 Maison du 14ème siècle rouge, avec ses portiques larges (comptoir de marchandises sûrement), son jardinet et ses statues au bord du rio Malcanton, un des plus beaux endroits à Venise. On traverse le ponte Marcello pour la

29 Salizzada Pantalon à droite, puis

30 Calle Vinanti et après avoir traversé le rio, Calle dei Preti, tout droit en fait ou presque, puis Calle Crosera

(e) Impronta cafe, Dorsoduro 3815 (début de la calle Crosera côté droit), café-restaurant branché, on mange bien, ambiance éclectique un peu branchée

qu'on suit tout droit jusqu'au bout, ensuite à gauche

31 Calle Marconi, une ruelle étroite qui mène au rio Frescada (jolis palais en face), à droite sur le quai jusqu'au ponte Frescada que l'on prend à gauche. On retrouve la Calle Campaniel, et pour terminer, avant le campo San Toma, à droite dans Calle del Traghetto qui permet de reprendre le vaporetto (sinon on peut continuer soit vers les Frari, soit vers la Casa Goldoni et San Polo, mais la journée a été bien remplie).

FIN DE L'ITINERAIRE