Guide en images des églises de Venise

Sant'Alvise (Cannaregio)

Histoire

Eglise CHORUS

Saint Louis d’Anjou (Alvise en vénitien, dérivé de Luigi ou Aloïs), est né à Brignoles (dans le Var) en 1274. Petit neveu du roi Saint Louis et fils de Charles II d’Anjou roi de Naples, Il aurait pu devenir Roi de Naples par sa parenté avec le roi Charles mais laissa son frère Robert occuper le trône parce qu’il se sentait élu de Dieu. Il entre chez les Franciscains et enseigne en Italie et dans le sud de la France. Reconnu par le Pape, on le nomme évêque de Toulouse en 1296. Il continue de voyager beaucoup, surtout en Italie (Florence, Naples, etc.) et rejoint Toulouse en mars 1297. Mais il tombe malade et meurt le 19 août 1297 à l’âge de 23 ans.

Il est canonisé en 1317 par Jean XXII et son culte, particulièrement en Italie où il avait passé beaucoup de temps et avait été très aimé, se propage rapidement en France et en Italie.

Alors pourquoi Sant'Alvise à Venise où il semble n’avoir jamais mis les pieds ? Simplement parce qu’Antonia, la fille d’Antonio Venier le Doge d’alors en 1388, eut la vision du Saint qui lui demanda de construire un couvent à cet endroit. Antonia Venier finança donc le couvent et dédia l’église à Saint Louis de Toulouse comme de bien entendu. Elle entra d’ailleurs aussi dans l’Ordre des Augustines avec des amies nobles vénitiennes, et finança l’éducation de jeunes filles abandonnées (c’est fou les Scuole et autres confréries qui prenaient soin des filles abandonnées, il devait y en avoir beaucoup au Moyen-Age).

L’église gothique fût achevée au début du 15ème siècle. Elle est largement rénovée en 1430 (à cause de sa structure initiale en bois) grâce au financement du Pape Martin V. En 1456, le monastère acquit trois importantes reliques de la Flagellation qui firent de cette partie de la ville un lieu de dévotion et de pèlerinage, donc de revenus.

A la fin du 17ème siècle elle est transformée.

En 1735, les religieuses commandèrent à Giambattista Tiepolo un remarquable triptyque : la Montée au calvaire, la Flagellation, et le Couronnement d’épines (qui furent séparés ensuite).

En 1807 le site est occupé par les nonnes du couvent de Sainte Catherine proche.

En 1810 Napoléon laïcise le couvent sans changer son travail d’aide sociale.

Extérieur

En arrivant sur le pont qui y mène, on ne voit que la façade assez banale pour Venise, et un bâtiment annexe de petite envergure. En fait l’ensemble est très grand, avec des cloîtres et des bâtiments très importants qu’on ne voit que grâce à Google Earth.

La façade de l’église est très simple et ressemble à 80% des façades d’églises à Venise, avec six lésènes simples en brique avec au sommet des arcs suspendus (qui ne valent pas ceux de Madonna dell Orto). Le toit est plat avec au centre deux versants légèrement inclinés (assez rare à Venise). Le portail est en pierre d’Istrie qui est le seul luxe apparent extérieur (alors que l’intérieur, comme très souvent à Venise, est incroyablement différent) avec dans le tympan une statue de Saint Louis de Toulouse. Sur les côtés, les murs sont ouverts de fenêtres rectangulaires, sans décorations.

Intérieur

A part le plafond en trompe-l’œil magnifique quoiqu’un peu criard, l’église abrite de nombreuses belles œuvres, peintures (particulièrement Giambattista Tiepolo pour les côtés du chœur et la montée du Christ au Calvaire), ou la Cène de Girolamo di Santa Croce. On trouvera aussi des œuvres récupérées d’ailleurs comme les scènes de l’Ancien Testament de Bastiani (du milieu du 15ème siècle), ou des esquisses pour la Basilique Saint Marc (en particulier pour la mosaïque de la niche à droite de la façade représentant l’enlèvement de Saint Marc à Alexandrie par Pietro della Vecchia), mais dans l’ensemble ce n’est pas inoubliable.

Adresse : Campo Sant’Alvise Cannaregio

Horaires : Lun-Sam 10.00-17.00

rev2 28/09/2018

Vue du ciel, l’église de Sant’Alvise est en fait un énorme complexe avec plusieurs cloîtres et de nombreux bâtiments (qui abritaient les Augustines).

C'est Antonia Venier, la fille du Doge Antonio Venier, qui en 1388 eut une vision du Saint (mort en mars 1297 à 23 ans seulement) lui demandant de créer un couvent ici. Elle convainquit son père de le faire construire avec cette église ici.

Façade en briques à 6 lésènes et de petites arches en arcs brisés suspendues en haut, très simples (comme souvent ici).

Seul le portail est en pierre d’Istrie avec de fines colonnes corinthiennes. Dans le tympan Saint Louis de Toulouse en majesté (Agostino di Duccia, ca 1442).

L’intérieur est à nef unique, un chœur à 2 absides, et au fond (à droite de l’entrée), un Barco du 15ème siècle.

Avec des fenêtres aux grilles en fer forgé du 18ème, et les colonnes à tambour surmontées de statues du Rédempteur et de Saint Jean Baptiste (16ème siècle).

Série de petits tableaux peints à tempera attribués à Lazzaro Bastiani (Venise, 1430 - Venise, 1512). Initialement et pendant longtemps on les avait attribuées à Carpaccio (c’était un peu son style en effet).

Ils représentent des Scènes de l’Ancien Testament (15ème siècle) et proviennent de l’église aujourd’hui détruite de Santa Maria delle Virgini.

Bastiani est un grand peintre né et mort à Venise (1430-1512) et il fut appelé en 1508 pour estimer les peintures du Giorgione au Fondaco dei Tedeschi.

On dirait presque des chinoiseries du 17ème siècle.

Sous la Rosace, Saint Christophe, et sur les côtés Gabriel et la Madone.

Immense plafond à fresques en trompe-l’œil au plafond d’Antonio Torri et Pietro Ricci (17ème siècle), qui jurent un peu avec le reste.

C’est tout de même aérien (à comparer avec le plafond de Fiumani à San Pantalon qui lui mit 23 ans à faire et assembler ses 40 toiles totalisant 900 m2 !).

Episode de l'enlèvement du corps de St Marc à Alexandrie (c'est une esquisse de Pietro Muttoni, ca 1662, pour la mosaïque de droite de la façade de la Basilique Saint Marc).

Saint Louis sacré évêque de Toulouse à Rome (Pietro Damiani, ca 1625).

Le diner chez le Pharisien (école du Véronèse, 17ème siècle).

A droite de l’autel, une toile de Louis consacré évêque de Toulouse (anonyme, ou Pietro Damiani, 17ème siècle).

En face de l’entrée, on est frappé par cet immense monument à la gloire de Saint Louis. Tout en marbre, il est richement décoré.

La statue en bois de Sant’Alvise date du 15ème siècle, il est entouré de St Antoine et de St Jean Baptiste (anonyme).

On voit la surcharge des œuvres surtout dans cette partie de l’église, qui accumule des toiles anciennes et d’autres œuvres qui n’ont rien à voir.

Les grilles au-dessus donnaient sur des salles où pouvaient venir les nonnes du couvent pour assister à la messe.

A gauche de l’autel, la Cène de Girolamo di Santa Croce (16ème siècle), et en-dessous la grille permettaient aux nonnes de communier.

Le Couronnement d’épines et la Flagellation, (Giambattista Tiepolo, ca 1738). Ce sont les parties droite et gauche d’un triptyque commandé par Alvise Cornaro. La partie centrale se trouve sur le côté droit du chœur.

La Piétà. Au-dessus de la Pietà, l’Adoration des Mages (Stefano Paoluzzi, 17ème siècle).

Le chœur de Nicolo Moscatelli, et l’orgue (1760).

(non montrée ici à gauche du chœur :) la prière de Jésus au jardin des Oliviers, Angelo Trevisani (fin 16ème siècle ?).

Droite du chœur, la Montée au Calvaire (GB Tiepolo). Véronique présente le linge avec l’empreinte de la Sainte Face en bas à droite.

Autel de la Madone du Rosaire. La Vierge à l’Enfant avec St Dominique et Ste Thérèse (Gian Maria Morlaiter).