Villa Pisani (1) Stra

Guide en images

Villa Pisani (la "Nazionale") sur la Brenta à Stra

Première partie

La Vénétie Terre Ferme

L'histoire de Venise et de la Brenta est ancienne, longue et belliqueuse, bien avant l'installation des Nobles de Venise dans des villas somptueuses où ils venaient s'échapper de la ville puante et malcommode.

Padoue la rebelle, où naquit Tite-Live, fait partie du royaume lombard (elle est d'abord incendiée par eux en 602), et suit une politique féodale alors que Venise fait tout pour ne pas laisser le pouvoir au Doge. La rivalité grandissante pour la maîtrise des voies navigables, essentielles pour le commerce de Venise, conjuguée à la complexité des eaux arrivant dans la Lagune (Venise avait savamment canalisé les nombreux petits fleuves qui s'y jetaient pour éviter l'ensablement, réguler les courants et permettre le passage des bateaux), conduisent à une première guerre après que Padoue, pour éviter les inondations sur son territoire, la détournent en 1142 (Venise avait fait la première arriver la Brenta de force dans la Lagune des années avant). Les mercenaires payés par la Sérénissime matent Padoue.

Venise devient alliée de Padoue en 1167 contre Barberousse dans la Ligue des Communes Lombardes. En 1124 nouveau conflit entre les deux villes. En 1310, l'insurrection ratée de Baiamonte Tiepolo est assistée d'un certain Badoer arrivant de Padoue, qui est aussi arrêté ensuite près de Padoue.

En 1373, les Autrichiens font soulever contre Venise les Hongrois, Ferrare et Padoue. Padoue est vaincue. Mais les Autrichiens reviennent, les villes de la Terre Ferme se révoltent de nouveau, Venise est encerclée. Par miracle la flotte génoise est battue aux portes de Chioggia (l'entrée de la Lagune et revient dans l'Italie du Nord (Frioul et Vénétie), mais après plusieurs imbroglios et alliances dans tous les sens, Milan récupère Padoue.

En 1405 Venise envahit de nouveau Padoue, et récupère aussi tous ses territoires de Terre Ferme (Trévise, Vérone, Feltre, Vicence), et même plus loin avec Bergame, Brescia, particulièrement sous le Dogat de Francesco Foscari dès 1424 (qui ruina Venise avec des guerres incessantes avec Milan, les Turcs, Gênes et les Hongrois). A part Crème et Ravenne, perdues peu après, ces territoires resteront stables pendant plus de 300 ans (avec des intermèdes guerriers extérieurs comme l'envahissement par les Français en mai 1509, mais Padoue est reprise en juin par Andrea Gritti). La concurrence sur les mers (guerres de course, pirates dalmatiens ou maltais, voire arabes et maghrébins) mais aussi des marchés qui s'ouvrent, et des villes comme Gênes, Pise, Amsterdam, Londres, devenues de redoutables navigateurs et marchands, font que la puissance maritime de Venise s'affaiblit, et les Nobles s'intéressent de plus en plus à l'exploitation des possessions de la Terre Ferme.

La villa Pisani, une histoire mouvementée

La villa Pisani est aussi connue sous le nom de Nazionale. Plus qu'une villa, c'est plutôt un vrai château avec toutes ses dépendances (orangerie, chapelle, écuries, bassin, labyrinthe, potager etc,) qui s’étend près de 11 hectares en amont de Stra au un coude de la Brenta. Ce sont les Pisani de la branche de San Stefano qui la font construire en 1721.

La famille possédait ces terres depuis le 17ème et y avait construit une demeure, mais sa dimension ne convenait plus aux standards ni au standing d'Alvise Pisani le grand diplomate vénitien et de ses frères, qui firent appel à l'architecte Girolamo Frigimelica qui en dessina l'ensemble. Puis après sa mort (Frigimelica mourut en 1732 sans voir les bâtiments qui furent construits bien après l'aménagement du jardin), Alvise Pisani (l'un des 6 frères Pisani) décida de faire de l'ensemble un espace exceptionnel en Europe. Francesco Maria Preti fut choisi et présenta un nouveau projet pour la villa-palais, moins baroque que le projet initial et plus classique, et plus imposante aussi, dont la réalisation se fit jusqu'en 1735. Palladio, lui, avait construit 3 villas déjà pour les Pisani, à Montagnana, Bagnolo et Vescovana (mais pas à la même époque bien sûr).

Alvise décède en 1741, et tout s'arrête pendant une vingtaine d'années. Son fils, Ermolao, se décide à décorer l'intérieur et c'est pratiquement terminé en 1756 et en plus des cultures fruitières et des champs sérieusement mises en oeuvre, la villa reçoit des artistes( Marina Sagredo la mère d'Alvise crée une Académie de peinture) et organise des fêtes luxueuses pendant quelques décennies de ce 18ème sècle. C'est Giambattista Tiepolo et ses fils qui s'attaquent au plafond de la salle de bal (haute des deux étages) en 1761 avec une "Apothéose" de la famille (un grand classique, à l'époque, que de glorifier la famille avec des personnages mythiques et réels, toujours dans le ciel). Jacopo Guarana et Pietro Visconti terminent la décoration à fresque des murs. En 1770, Guarana orne le plafond de la salle (déjà bien chargée) du triomphe de Bacchus, encadrée en trompe l'œil d'une délicate guirlande dorée. Les autres salles au premier étage sont également décorées fastueusement, et servaient pour les jeux, la musique ou les repas (quand la grande salle de réception n'était pas nécessaire).

En 1806, 9 ans après l'anéantissement de la République de Venise par Napoléon Bonaparte, Ermolao Pisani, couvert de dettes, doit vendre pour près de 2 millions de lires la villa à Napoléon qui la destine à Eugène de Beauharnais, vice-roi d'Italie. D'importants changements ont lieu pour mettre à jour l'ensemble des chambres et des jardins, souvent catastrophiques pour la villa originelle (on dit que le plafond de Tiepolo faillit y passer) et de nombreuses chambres se décorent d'attributs Empire, avec leurs meubles et tableaux qui sont toujours là (le mobilier remarquablement présent dans une telle villa est l'original et il date de l'Empire ou des Habsbourg un peu plus tard). Certaines salles furent refaites dans le style impérial comme l’appartement de Napoléon, la sublime chambre avec les initiales de l’empereur gravées sur le plafond, les tiroirs travaillés par Giuseppe Maggiolini, les monochromes de Giovanni Carlo Bevilacqua, qui racontent le mythe d'Eros et Psyché, et les spectaculaires meubles dans le style impérial réalisés spécialement pour la villa Pisani.

En 1814, la villa devient autrichienne, gérée par le gouvernorat général civil et militaire de Lombardie Vénète qui la rebaptise "Villa Reale". Les Habsbourg en font un lieu de vacances où ils invitent des personnalités européennes comme Charles IV d'Espagne, le Tsar Alexandre 1er ou le roi de Naples Ferdinand de Bourbon. La villa passe ensuite à la maison de Savoie où le roi Victor Emmanuel invite de temps en temps des personnalités (et particulièrement en 1847 il passe ses journées ici avec la comtesse Mirafiori, Rosa Vercellana sa maîtresse, époque dont il reste deux magnifiques pièces appelés "Sale Savoia").

En 1866 la Vénétie est rattachée au royaume d'Italie, la villa devient propriété de l'Etat en 1868, elle est désertée quasiment et devient en 1884 un musée national. Entre 1874 et 1882 la villa est mise plusieurs fois aux enchères, ce qui indique la perte d'intérêt mais aussi la diminution drastique des fonds alloués par le gouvernement, mettant en grand péril les jardins et plantations. Au début du 20ème siècle la villa se dégrade (Gabriele d'Annunzio parle dans son roman 'Le Feu" lors de sa visite en novembre 1897 avec l'actrice Eleonora Duse de l'environnement dégradé et du parc à l'abandon).

En 1909 l'université de Padoue, responsable de l'hydrologie et des Eaux, s'y installe en partie au rez-de-chaussée et construit pour ses expériences le bassin central entre le château et les écuries. Dans les années 20 elle reçoit des étudiants de l'Accademia en stage, puis devient une école d'horticulture.

Incidemment c'est là que Mussolini et Hitler se rencontrèrent en 1934 pour décider la suite des évènements tragiques qu'on connait (mais qui lance une restauration partielle avant la rencontre). En 1938, elle devient une "Azienda Autonoma" qui vend les produits de ses champs et jardins.

En 1947 elle est donné à la Superintendance aux monuments pour être restaurée, mais au contraire l'ensemble part en ruines, et jusqu'à la fin des années 60, le parc, ses arbres fruitiers et ses bâtiments, ainsi que presque toutes les salles du palais sont laissés à l'abandon.

Heureusement, à partir de 1985, plusieurs restaurations ont lieu qui redonnent vie à l'ensemble qui retrouve sa majestuosité. Il reste encore des endroits et des objets qui sont loin d'être totalement restaurés mais dans l'ensemble le résultat est très remarquable vu les sommes et les travaux effectués.

Architecture et jardins

Un peu à l'écart de la Brenta, le palais a une forme rectangulaire avec une grande façade 'versaillaise", et deux cours intérieures entourées de colonnades déterminant les ailes de l'édifice et le grand salon au centre.

La grande façade principale n'en est que plus majestueuse, avec un atrium central à 8 colonnes corinthiennes soutenues par 4 imposantes Cariatides de part et d'autre du portail, et surmontées d'une corniche imposante décorée de putti et de festons de fleurs, et d'un grand tympan triangulaire orné de statues. Les deux ailes de 4 fenêtres sont rythmées de pilastres au premier étage, et décorées de sculptures. A chaque extrémité se trouve un corps de bâtiments assez long. Leur rez-de-chaussée contient une cour intérieure flanquée de portiques, et abritant une multitude de statues classiques (dont certaines sont abimées).

A l’époque de sa construction, la villa Pisani avait 114 chambres (en l’honneur d'Alvise Pisani le 114ème Doge de Venise élu en 1735), aujourd’hui elle en contient 168.

Le parc, les jardins, les allées

Le côté ouest du parc, qui s'étend sur 10-11 hectares, est essentiellement fait de plantations d'arbres et de buissons dans des grandes allées droites sur le mode des paysages des jardins du 19ème siècle.

Dans la partie est se trouve les bâtiments, sculptures, et autres "folies" construites pendant les 3 siècles précédents, chaque construction ayant sa propre histoire et ses modifications successives.

Au fond du parc largement inspiré des œuvres de Le Nôtre à Versailles, et en face du long bassin central orné de deux avenues de marronniers (qui n'existait pas à l'époque), Frigilemica réalisa les écuries en jouant sur les perspectives et leur décoration, qui font de l'ensemble une superbe réalisation digne de Versailles. Les côtés abritent bien d'autres "caprices".

A l'est près de l'aile droite, un magnifique labyrinthe, puis l'orangerie et sa collection de 130 agrumes (oranges, cédrats, citrons, bergamotes). A l'ouest, un petit jardin anglais ajouté sous Napoléon, et un bois fourni de hêtres et de chênes.

Plus connu sous le nom de “labyrinthe de l’amour”, le magnifique labyrinthe est formé de 9 haies concentriques de buis, surmonté au milieu d'une tourelle avec un escalier en double hélice menant à une statue de Minerve, a été refait plusieurs fois depuis sa création vers 1500 mais a gardé sa forme originale.

Ne pas oublier la colline artificielle qui masque la classique glacière des villas de la région, où un fossé circulaire rempli d'eau alimenté après 1911 par le bassin. Cette eau gelait pendant l'hiver, et la glace était apportée par blocs dans une grande pièce creusée sous la colline pour tenir au frais les aliments et les boissons toute l'année. La colline était entourée initialement de cyprès des marais dont les racines se voyaient dans l'eau. Sur la colline se trouve le bâtiment d'un café en forme de petit temple recouvert de marbre. Dedans, au milieu du sol, on peut voit un trou couvert d'une pierre perforée et d'un tuyau vertical qui laissait passer l'air frais provenant de la glacière en-dessous;

Il y a aussi le café, et l'exèdre, monument bizarre multiforme aux murs blancs et courbes, dont l'escalier en colimaçon permet de monter sur une terrasse avec une ouverture et un balcon circulaires donnant verticalement sur le sol et surplombant les jardins et les parcs. De cette terrasse on voit les axes partant sur l'orangerie, les portails d'entrée, les sculptures de Bonazza, l'allée des glycines sous les tonnelles, la colline archéologique, etc.

Le grand bassin au centre, contrairement à tout ce qu'on peut penser, est construit seulement en 1911 pour servir à des études hydrauliques pour l'université de Padoue. Les statues furent installées plus tard en provenance d'autres villas vénètes.

L'intérieur

De la villa on peut visiter les trente pièces de l'étage ainsi que la grande salle de réception, Les salles datant de 1700 témoignent de la vie de la Cour, tandis que les salles refaites à partir de 1807 (qui donnent sur le Naviglio) sont dans le style Empire avec partout les emblèmes impériaux.

La salle du Triomphe de Bacchus (Célébration du Dieu du vin et de la musique), fut décorée par Jacopo Guarana

La salle des Vacances montrent les femmes "très libres" de l'époque de Casanova. Le salon-salle à manger fait revivre l’atmosphère des banquets de la cour de Bonaparte (la table et des couverts sont remarquables).

Les meubles sont d'époque ce qui est rare dans ce type de villa aujourd'hui (Foscari est quasiment vide). Les céramiques exposées datent du 18ème siècle.

Dernière remarque, faute de place aussi les textes sous les photos ne

Notes

  • Les photos présentées ici sont une toute petite partie de celles que j'ai pu faire et de nombreuses photos auraient mérité leur place ici, j'ai du malheureusement les abandonner pour des raisons d'espace disponible. Celles qui subsistent suffiront pour donner une furieuse envie d'y aller et d'en voir les détails.
  • Idem pour les textes, que j'ai mis en intégralité ci-dessous mais en très condensé sous les images faute de place.

Pages des photos (textes)

Extérieur du palais

Le corps central se compose d'une entrée monumentale et de deux ailes à fenêtres régulières se terminant par les bâtiments perpendiculaires rejoignant l'autre face de l'ensemble. Ces deux bâtiments comportent des colonnades constituant deux cours (pleines de statues) et délimitant la grande pièce centrale, la Salon des fêtes qui lui porte sur les deux étages.

La façade principale, un peu en retrait du canal, comporte une entrée monumentale, avec 4 Caryatides supportant un balcon, duquel partent huit colonnes corinthiennes imposantes. De part et d'autre, on a des fenêtres entourées de lésènes ioniques avec au sommet des statues de vertus principales.. Les colonnes supportent une corniche imposante ornée de motifs à feuilles et de putti, qui soutient le tympan triangulaire néo-palladien terminant cette imposante entrée. L'emblème des Pisani se trouve au centre du tympan.

La façade donnant sur le jardin est plus classique du 18ème avec ses fenêtres régulières entrecoupées de lésènes ioniques.

On accède au premier étage par le grand escalier dont le plafond est décoré avec une « Allégorie » de Jacopo Guarana. C'est à cet étage que se trouve un petit balcon faisant le tour de la salle de bal, et faisant communiquer les pièces à vivre (chambres et salons) et où se plaçaient les musiciens jouant pour les danseurs en dessous.

Salon des Arts

Dans la sa Salle des Triomphes des Arts (113), la fresque au plafond du Crosato (entre 1740 et 1750) avec dans les nuages au-dessus des pilastres, la Renommée (vertu et ses trompettes), avec l'Abondance. Plus bas, les femmes représentent les arts, comme la Peinture, la Musique, la Poésie et plus bas la Sculpture. Le temps est le vieillard qui fait son apparition depuis l'extérieur avec sa faux. (les armes des Pisani y sont portées par trois angelots, sur la gauche ici). On peut aussi remarquer la Vigilance (vertu) sous la forme d'une grue..

Dans les coins des fresques monochromes de Giambattiista Crosato.Aux murs, des tableaux d'auteurs inconnus (attribués peut-être à Pietro Liberi et Nicolo Bambini, fin 17ème) : 5 montrent des figures mythologiques comme Diane, Junon ou Jupiter, les autres grands tableaux (Bartolomeo Nazzari) sont des paysages du 18ème siècle. Les petits tableaux sur les côtés sont attribués à Francesco Zuccarelli, Marco Ricci, Bartolomeo Pedon, Giuseppe Zais (fn 18ème). Le paysage du port est peint par Giovanni Ismann (allemand renommé à Venise au 18ème)

La salle du triomphe de Bacchus (112) au plafond de Guarana

Les meubles proviennent des pièces napoléonniennes. A gauche la scène mythologique montrent les Ménades musiciennes et buvant le vin, avec sur la gauche un centaure et une jeune fille s'arrêtant de jouer de sa flûte.

Le mur du milieu (ici à gauche) montre encore une scène Bacchique avec des musiciennes dans un décor champêtre illustré par un "casone", construction typique de la campagne vénitienne avec son toit en chaume. Noter aussi le Satyre au pattes de chèvre.

A droite, composition avec le cortège de Bacchus et Silène chevauchant l'éléphant à côté du taureau, et le léopard. Les instruments sur les tableaux et ceux des corniches semblent montrer que la salle devait être une salle de musqieu au départ. Le plafond de Guarana représente le mariage de Bacchus et d'Ariane.

Salon de travail d'Eugène de Beauharnais, Vice-roi d'Italie au temsp de l'Empire et à qui Napoléon donna la villa.

Les corridors

On les voit presque tous, ils sont l'œuvre de Giuseppe Zais, maître du genre. Comme les autres, celui-ci est orné de magnifiques scènes champêtres et de paysages typiques, évoluant depuis la fin du 17ème jusqu'au milieu du 18ème siècle. Avec la salle des Paysages, ces corridors sont magnifiquement rénovés.

Salle Empire (110)

Refaite en 1811 par Giuseppe Borsato et Pietro Moro, décorée sobrement (en réaction aux excès de l'époque précédente). On y voit, au centre de cadres grands et finement décorés, des fresques colorées, comme une jeune fille retenant la bige (le char à deux roues des Romains), Jupiter et Junon avec Minerve et un héros, ou encore Minerve discute avec trois guerriers. Borsato (1771-1849) est un artiste multiforme (décorateur, sculpteur, peintre, scénographe) très prisé à Venise. Le plafond sobre aussi mais fait de dessins finement exécutés et très napoléonien.

Oratoire (106)

Pièce contenant un oratoire (106) provenant de la chapelle du palais située au rez-de-chaussée, dédiée à la Madone du Rosaire, et déménagé ici par Napoléon en 1808. Les fresques de Francesco Simonini (1750), qu'on retrouve dans d'autres salles, perdues pendant un siècle et retrouvées grâce à une restauration récente. Elles représentent des moments de repos des guerriers. Le Christ en piétà (entouré de deux anges priant) provient de l'ancienne église San Gimignano abattue en 1808 par Napoléon sur la Piazza pour construire son aile "Napoléon".

Salle des médaillons (105)

Elle contient sur les murs dans des corniches en plâtre, 120 médaillons des Doges avec leur nom, accumulés par les Pisani au cours du temps. On voit aussi des portraits de condottiere vénitiens et d'empereurs. Le mobilier est du 18ème.

Salle des dessins des monuments du palais et du jardin

On y voit la façade, les entrées de fer forgé, le labyrinthe et l'exèdre Le plafond est une toile de Jacopo Amignoni, le Jugement de Pâris.

Pièce de passage (100)

C'est une ancienne chambre à coucher de 1700 qui était remplie de tableaux de Rosalba Carriera (1674-1757), déménagés en 1871 au Palais royal et aujourd'hui aux Beaux-Arts du palais ducal. La villa possédait une foule de tableaux (mode très vénitienne d'en couvrir tous les murs, et mode critiquée par certains européens) : scènes sacrées, de la vie du Christ, mais aussi paysages, épisodes mythologiques, ou portraits.

Salle à manger (99)

Elle a été restaurée par l'association Venitian Heritage. Au mur, des gravures de portraits de Procurateurs vénitiens connus du 17 et 18ème siècle. Les vaisselles, utilisées par la cour de Napoléon, avaient disparu dans les combles. Les buffets assez sommaires surmontés de 2 vaisseliers rococo dorés et contenant des plats divers (manufacture Antonibon située à Nove près de Bassano), des céramiques et verres.du début 18ème. Les autres meubles sont des fauteuils de la fin 18ème, comme le divan, calqués sur des modèles anglais. La table dressée, de 218 pièces au centre de table en albâtre. Avec un lustre de Murano au-dessus.

Couloir (97)

Les quatre pièces couloirs sont situées au centre de chaque aile. Ici les 4 bustes représentent les Saisons (peut-être du sculpteur Giacomo Ponsonelli). Le Printemps est personnifié par la femme aux cheveux en fleurs, l'été par celle aux brins de blé, l'automne par le jeune homme couronné de raisins, et l'hiver par le vieillard. Les fresques de Simonini (Parme, 1686) comme dans les 3 autres couloirs, à gauche Entretien galant dans un jardin avec une demoiselle bien dénudée (c'était l'époque …). Sur le mur opposé, Bal champêtre (mais les musiciens n'ont pas l'air heureux, eux …). Il y a 24 bustes récupérés avec leur piédestal d'origine dans d'autres pièces.

Salle Verte ou Salle des Vertus (96)

A l'opposé de la Salle des Arts (113), celle-ci dépeint les Vertus au plafond et les Arts sur les murs, elle est très typique de ce que devaient être les pièces du palais au 18ème siècle. En face, l'allégorie de la Peinture, sur laquelle le nom du peintre est mentionné (Pietro Novelli (1770). Magnifique plafond où les Vertus sont représentées de Jacopo Guarana (qui a fait le plafond de l'escalier et la salle de Bacchus), dans une allégorie complexe appelée l'Honneur couronné par l'Immortalité (ange au centre), avec les Vertus théologales (Foi, Espérance, Charité) à droite et Cardinales (Prudence, Justice, Force et Tempérance). Sur le mur de gauche, les arts de la Musique et de la Poésie, du peintre élève de Piazzetta, Giovan Battista Mariotti (1694-1765). Sur le mur de droite, on trouve la Géographie et la Philosophie de Pietro Novelli, tout cela encadré de fresques légères mais très belles.

Salle des étampes et de mobilier Empire

Sont alignés des tableaux représentant des végétaux et des outils ou objets (vases, coupes, etc) très divers dans des situations originales. Il n'existe pratiquement pas d'informations sur le Web de cette pièce et de la suivante.

Salle de la Musique (94)

Avec un piano forte au fond et un grand nombre de planches botaniques. Ils représentent des fleurs pour la plupart et étaient exposées avant 1795 dans la salle suivante.

Salle 91

Salon (peut-être une salle de jeux ?). Le mobilier est constitué de tables de jeux, de de divans et de chaises du début du 19ème siècle. Aux murs des tableaux de paysages bucoliques et un portrait d'enfant du 18ème, probablement fait par Longhi (Alessandro, fils de Pietro).

Suite dans la deuxième partie.

Via Venezia, 30039 Stra VE

Principales références

http://oltreilbalcone.com/2015/03/30/villa-pisani-e-il-giardino-degli-agrumi/

https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/unesco/italie_la_villa_pisani_de_stra_et_ses_jardins.asp

http://www.villapisani.beniculturali.it/visite-e-itinerari/itinerari-villa

Les invités venaient de Venise par le burchiello, gros bateau tiré de la berge par des bœufs, et passant écluses et ponts successifs en une bonne journée

Vu du ciel, le domaine de la "villa" qui sétend sur 11 hectares avec le bois à gauche, les jardins à droite et au fond du bassin les écuries faisant face au palais

La façade néo-palladienne de Francesco Maria Preti (de 1721 à 1735) sur la Brenta, avec ses trois étages, ses 8 colonnes ioniques partant du premier étage

Au-dessus des colonnes, la corniche décorée et le tympan palladien surmonté de trois statues. Des statues il y en a tout le long du sommet de la façade

Deux caryatides à gauche du portail d'entrée principal "soutiennent" les colonnes

Au premier un balcon, une serlienne et des hauts reliefs (corne d'abondance). Les trente salles visitées se trouvent au premier étage

On y monte par un escalier au plafond décoré par Jacopo Guarana représentant la Vertu et la Renommée (avec sa trompette)

Salle des Triomphes des Arts (113). Aux murs, 5 tableaux mythologiques avec Diane, Junon ou Jupiter.

Le plafond du Crosato (entre 1740 et 1750) au plafond avec au ciel la Renommée et ses trompettes, et l'Abondance. Plus bas, la Peinture, la Musique, la Poésie et plus bas encore la Sculpture. Le Temps est le vieillard avec sa faux.

La salle du triomphe de Bacchus (112) décorée par Jacopo Guarana en 1770. A gauche, les Ménades musiciennes et buvant le vin, avec sur la gauche un centaure.

Le mur du milieu (ici à gauche) montre encore une scène Bacchique avec des musiciennes devant un "casone", typique de la campagne vénitienne avec son toit en chaume

A droite le cortège avec Silène chevauchant l'éléphant à côté du taureau.

Le plafond de Guarana (1721- mort à Venise en 1808) représentant le mariage de Bacchus et d'Ariane.

Noter aussi les corniches qui soutiennent ce plafond, aux 4 coins de la salle, qui sont en trompe-l'œil et magnifiquement décorées.

Le salon d'Eugène de Beauharnais.

Corridor, comme les autres, orné de magnifique scènes champêtres et de paysages typiques de Giuseppe Zais, maître de ce genre; évoluant depuis la fin du 17ème jusqu'au milieu du 18ème siècle

Salle Empire (110) refaite en 1811 par Giuseppe Borsato et Pietro Moro, décorée sobrement (en réaction aux excès de l'époque précédente)

Jupiter et Junon avec Minerve et un héros. Borsato (1771-1849) est un artiste multiforme (décorateur, sculpteur, peintre, scénographe) très prisé à Venise.

Minerve discute avec trois guerriers.

Plafond sobre aussi et très napoléonien

Chambre à coucher style Napoléon (107), c'est une salle néoclassique rénovée au 18ème et au 19ème siècle.

Meubles époque Eugène de Beauharnais (1811), et tissus autrichiens ayant remplacé la tapisserie papier originelle plus tard.

Le plafond est de Borsato ainsi que les médaillons aux génies ailés sur les portes.

Pièce contenant un oratoire (106) provenant de la chapelle du palais située au rez-de-chaussée, dédiée à la Madone du Rosaire, et porté ici par Napoléon en 1808

Fresque de Francesco Simonini (1750), qu'on retrouve dans d'autres salles, perdues pendant un siècle et retrouvées grâce à une restauration récente.

Elles représentent des moments de repos des guerriers.

Le Christ en piétà (entouré de deux anges priant) provient de l'ancienne église San Gimignano abattue en 1808 par Napoléon. Il est le bas-relief de l'ancien autel et daterait de la Renaissance.

Salle des médaillons (105), contenant 120 médaillons des Doges avec leur nom, accumulés par les Pisani dans des corniches en plâtre. On voit aussi des portraits de condottiere vénitiens et d'empereurs. Le mobilier est du 18ème.

Salle des dessins des monuments du palais et du jardin.

On y voit la façade, les entrées de fer forgé, le labyrinthe et l'exèdre entre autres.

Le plafond est une toile de Jacopo Amignoni, le Jugement de Pâris.

Pièce de passage (100) C'est une ancienne chambre à coucher de 1700 qui était remplie de tableaux de Rosalba Carriera (1674-1757), aujourd'hui aux Beaux-Arts du palais ducal.

Tableau allégorique du chemin de Croix

La villa possédait une foule de tableaux, ce qui était une mode très vénitienne d'en couvrir tous les murs

Salle à manger (99), restaurée par l'association Venitian Heritage. Aux murs, des gravures de Procurateurs. Les vaisselles de la cour de Napoléon avaient disparu dans les combles.

Les buffets sommaires surmontés de vaisseliers contenant des plats divers (manufacture Antonibon). Les autres meubles sont de la fin 18ème, comme le divan.

La table dressée, de 218 pièces au centre de table en albâtre. Avec un lustre de Murano au-dessus.

On se trouve au centre de la villa côté jardin avec les écuries au fond derrière le grand bassin (qui lui ne date que de 1909)

Couloir (97). Les quatre pièces couloirs sont situées au centre de chaque aile. Ici les 4 bustes représentent les Saisons (peut-être du sculpteur Giacomo Ponsonelli). Le Printemps est personnifié par la femme aux cheveux en fleurs, l'été par celle aux brins de blé, l'automne par le jeune homme couronné de raisins, et l'hiver par le vieillard.

Les fresques de Simonini (Parme, 1686) comme dans les 3 autres couloirs, ici Entretien galant dans un jardin avec une demoiselle bien dénudée (c'était l'époque …)

On retrouve un autre des 24 bustes dans la salle suivante

Sur le mur opposé, Bal champêtre (mais les musiciens n'ont pas l'air heureux, eux …)

Entretien galant dans un jardin, détail

On est au centre du palais côté jardin avec le bassin (qui date de 1909 !) et au fond les écuries (aussi majestueuses que la palais).

Salle Verte ou Salle des Vertus (96). A l'opposé de la Salle des Arts (113), celle-ci dépeint les Vertus au plafond et les Arts sur les murs, elle est très typique de ce que devaient être les pièces du palais au 18ème siècle.

En face, l'allégorie de la Peinture, sur laquelle le nom du peintre est mentionné (Pietro Novelli (1770).

Plafond de Jacopo Guarana (qui a fait le plafond de l'escalier et la salle de Bacchus), dans une allégorie complexe appelée l'Honneur couronné par l'Immortalité (ange au centre), avec les Vertus théologales (Foi, Espérance, Charité) à droite et Cardinales (Prudence, Justice, Force et Tempérance).

Sur le mur de gauche, les arts de la Musique et de la Poésie, du peintre élève de Piazzetta, Giovan Battista Mariotti (1694-1765).

Sur le mur de droite, on trouve la Géographie et la Philosophie de Pietro Novelli, tout cela encadré de fresques légères mais très belles.

Salle des étampes et de mobilier Empire

Sont alignés des tableaux représentant des végétaux et des outils ou objets (vases, coupes, etc) très divers dans des situations originales.

Il n'existe pratiquement pas d'informations sur le Web de cette pièce et de la suivante.

Salle de la Musique (94) avec un piano forte au fond et un grand nombre de planches botaniques.

Ils représentent des fleurs pour la plupart et étaient exposées avant 1795 dans la salle suivante.

Salle 91 Salon (peut-être une salle de jeux ?)

Jolie robe d'époque empire.

Le mobilier est constitué de tables de jeux, de de divans et de chaises du début du 19ème siècle.

Paysages bucoliques aux murs

Ici un portrait d'enfant du 18ème, probablement fait par Longhi (Alessandro, fils de Pietro)

(SUITE dans la deuxième partie)